Candy Crush ou la drogue dure des jeux sur smartphone

Tu harcèles tes amis sur Facebook dans le but d’obtenir des vies ? Tu lances des grands S.O.S. sur Twitter à la recherche de combines ? Chaque soir avant de t’endormir, tu espères accéder au niveau supérieur ? Si la réponse à ces trois questions est positive, tu es sans doute accro à Candy Crush. Et cet article a été écrit pour toi.

15,5 millions d’utilisateurs et 33 millions de fans sur Facebook. Créée en novembre 2012 par le concepteur King, Candy Crush Saga est aujourd’hui devenue l’application incontournable de tous ceux qui aiment se divertir sur smartphone. Avec son monde coloré et ses personnages mignons, ce petit jeu consiste à aligner trois éléments de la même couleur pour les faire exploser : jellybeans rouges, bonbons à la violette ou sucettes bleues, toutes les sucreries sont bonnes à éclater.

À chaque niveau, une mission différente est donnée par le grand roux au monocle : éclater toute la gélatine, réaliser un score en un temps limité, faire tomber un nombre de fruits défini… les objectifs sont variés. Et attention, si tu échoues, la petite fille à la coiffure douteuse et aux dents de lapin qui t’accompagne tout au long de tes missions tire la gueule.

Mais, on le sait tous, ce n’est pas pour la rendre heureuse que tu t’entêtes chaque jour à accéder au niveau supérieur. Et, si les premiers niveaux sont très faciles à gagner, le jeu s’avère rapidement être une casse-tête sans fin. Et addictif. Petite démo avec le niveau 350.

“Plus j’échoue, plus j’ai envie de continuer”

Mais comment Candy Crush connaît-il autant de succès ? Pour Fawaz, un jeune initié de 18 ans, l’interface du jeu y est pour beaucoup : “Candy crush est facile à jouer, beaucoup d’amis sont dessus, et il est gratuit. Le graphisme enfantin y est aussi sûrement pour quelque chose, tout comme les bonbons !” Quant à Johan, la réussite du jeu réside indéniablement dans le défi qu’il représente :

Il y a un vrai challenge, on veut toujours aller plus loin. La difficulté rend le jeu super attractif, c’est vraiment bizarre ! Plus j’échoue, plus j’ai envie de continuer.

En vérité, ce jeu est tellement attractif qu’il m’arrive même de recevoir des textos de ma tante, hôtesse de l’air, coincée dans sa chambre d’hôtel à l’autre bout de la Terre et au niveau 52. “Hello ma p’tite Nao ! Alors, tu as progressé à Candy ? Je te vois toujours au niveau 30, bizarre… Quand tu auras 2 minutes, pense à moi pour débloquer mon niveau. Merci ma chérie !!” (Oui, il fut un temps où j’étais toujours coincée au niveau 30, merci de ne pas m’en porter rigueur.)

Même si le jeu est récent, le concept sur lequel il repose est basé sur le très ancien et très connu Tetris, ce jeu créé en Russie en 1984 par Alexey Pajitnov et qui consiste, tout comme Candy Crush, à combiner des éléments pour qu’ils explosent et nous mènent au niveau supérieur. Un niveau supérieur qui, dans les deux jeux, n’est pas toujours facile à atteindre.

Une partie de Tetris sur iPhone

S.O.S. réseaux sociaux

Oui mais voilà, Candy Crush a l’avantage d’être né en 2012 et, à cette époque, contrairement à celle de Tetris, les réseaux sociaux sont bien réels. Aussi, il est possible via l’application sur votre smartphone de vous connecter à Facebook et ainsi harceler vos amis dans le but que ces derniers vous envoient des vies. Mes dernières notifications sont d’ailleurs principalement composées de requests Candy Crush…

Le succès de ce jeu est également mesurable sur Twitter. Vous n’avez qu’à faire le test : tapez #CandyCrush dans la barre de recherche, et vous vous retrouverez face à une armada de twittos addict en détresse. Twittos dont je fais bien évidemment partie.

 

 

 

Passion addiction

Ces nombreux tweets cachent une vérité sûre : tout le monde joue à Candy Crush, et tout le monde en devient addict.

Virgine s’en est bien rendue compte : actuellement au niveau 225 (sur les 410 au total), elle joue plusieurs heures par jour. “Je vais dire que je passe environ trois heures dessus chaque jour mais j’ai bien peur que ça soit plus, j’essaye de me rassurer… Je préfère ne pas compter, je risquerais la crise cardiaque. D’autant plus qu’une amie m’a donné la technique pour avoir des vies illimitées, depuis mon existence n’est plus la même.

Avec une grosse dose d’humour, Virginie avoue qu’elle passe beaucoup, beaucoup trop de temps sur Candy Crush :

Parfois, quand je suis sur un niveau hyper compliqué, je me dis “c’est bon, supprime cette daube”, puis j’arrive à passer le niveau et l’extase que ça procure me fait oublier que ce jeu est la plus grosse perte de temps de ma vie (vraiment). Quand j’atteindrai le niveau 410, je pleurerai à la fois parce que le jeu est fini, mais surtout parce que je ferai les comptes et que je réaliserai qu’un quart de ma vie a dû passer là-dedans.

Candy Crush, un monde coloré auquel on devient vite accro

Certains accros à Candy Crush vont même jusqu’à désinstaller l’application de leur iPhone… pour la réinstaller quelques minutes plus tard. Avec quatre à cinq heures de jeu quotidien au compteur, Aïssa l’explique : “J’étais au niveau 175 quand j’ai craqué et desinstallé l’application. Mais je l’ai réinstallée vingt-cinq minutes plus tard. J’avais perdu ma progression donc j’ai du reprendre du début.

Tel un drogué sans sa came, les joueurs qui tentent de se sevrer de Candy Crush replongent. Sur ce, je m’en vais répondre aux dizaine de requests envoyées sur Facebook.

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En passe de devenir maître du monde avec mon chat. En attendant, journaliste, caution tatouage et videomaker. Félinement vôtre.

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